Une union plus ambitieuse : les orientations politiques pour la prochaine Commission

Une union plus ambitieuse : les orientations politiques pour la prochaine Commission
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Quelques mots sur le fonctionnement de la Commission européenne

Son rôle : promouvoir l’intérêt général de l’Union européenne en proposant des textes législatif et en veillant à leur application, ainsi qu’en mettant en oeuvre les politique et le budget de l’UE.

Ses membres : un/e président/e proposé/e par le Conseil européen et élu/e par le Parlement ; 27 commissaires proposés par les Etats membres et approuvés par Conseil européen et Parlement.

La Commission Von der Leyen n’est pas encore approuvée dans sa totalité, la candidature de certains commissaires a été rejetée et le début officiel des travaux a été retardé. Le Parlement européen prévoit qu’elle entrera en fonction le 1er décembre.

Cependant, la présidente Von der Leyen a publié les orientations politiques de la future Commission pour la période 2019/2024. Ces orientations se concentrent autour de six grandes ambitions pour l’Europe.

Pour Ursula Von der Leyen, l’Europe doit être plus ambitieuse et devenir le premier continent climatique neutre au monde et “les jeunes européens montrent tous les jours qu’ils souhaitent une véritable action en matière de changement climatique”. Elle propose ainsi un pacte vert pour l’Europe. Ce pacte inclura la première législation européenne sur le climat, afin de réduire les émissions polluantes de 40% d’ici à 2030 et d’ancrer l’objectif de la neutralité climatique en 2050.
Pour que ce changement se réalise, l’Europe devra devenir un leader de l’économie circulaire et des technologies propres, non seulement pour le bien de la planète, mais aussi pour le bien être et la santé de ses populations.
Chaque individu devra être touché par cette transition. La Commission proposera donc la création d’un Fonds pour une transition juste et équitable, ainsi que la conversion d’une partie de la Banque européenne d’investissements (BEI) en Banque européenne du climat.

L’objectif d’une planète en bonne santé et climatiquement neutre doit se fonder sur une économie sociale de marché.
Pour la Présidente de la Commission, le soutient aux petites et moyennes entreprises est fondamental ; elles représentent 99% de l’ensemble des entreprises et 85% des nouveaux emplois créés au cours des cinq dernières années.
La Commission créera donc un fonds public/privé spécialisé dans les introductions en bourse de PME.
Elle souhaite également renforcer l’Union économique et monétaire.
L’Europe devra se distinguer par ses droits sociaux : la Commission travaillera sur un instrument juridique destiné à faire en sorte que chaque travailleur au sein de l’Union européenne bénéficie d’un salaire minimum équitable.
La Commission veillera aussi pour que l’Europe applique pleinement la directive sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, afin d’encourager un meilleur partage des responsabilités entre hommes et femmes.
L’égalité est l’une des valeurs fondamentales de l’Union européenne et en même temps l’égalité hommes-femmes est une composante essentielle de la croissance économique. Les femmes gagnent en moyenne 16% de moins que les hommes, alors même qu’elles obtiennes des qualifications supérieures. La Commission proposera l’instauration de mesures contraignantes en matière de transparence des rémunérations.

Selon Von der Leyen, l’Europe doit se montrer plus ambitieuse et se saisir des possibilités offertes par les technologies numériques et l’intelligence artificielle. “Il est encore temps pour parvenir à une souveraineté technologique dans certains domaines technologiques essentiels” précise-t-elle.
Les données et l’intelligence artificielle sont les ingrédients de l’innovation qui peuvent aider l’Europe à trouver des solutions aux enjeux sociétaux actuels.
La Commission présentera également une proposition législative en vue d’une approche européenne coordonnée relative aux implications humaines et éthiques de l’intelligence artificielle.

Défendre l’état de droit et les valeurs fondamentales de l’Union européenne sera l’une des priorités de la nouvelle Commission. L’Europe a besoin de diplomatie, de développement économique, de stabilité et de sécurité.
L’UE a besoin de frontières extérieures solides et d’un régime d’asile commun qui puisse accorder toute l’aide nécessaire aux États membres qui subissent la pression des flux migratoires en raison de leur emplacement géographique.
La Commission proposera donc un nouveau pacte sur la migration et l’asile, avec notamment la réouverture des discussions pour la réforme des règles de Dublin en matière de droit d’asile.
L’Union européenne devra également intensifier la coopération transfrontalière pour combler les failles de la lutte menée en Europe contre les formes graves de criminalité et le terrorisme.

Madame Von der Leyen insiste sur le multilatéralisme et le renforcement du leadership mondial de l’UE.
Ce leadership implique également de travailler avec les pays voisins et les pays partenaires.
Elle souhaite que l’Europe adopte une stratégie globale à l’égard de l’Afrique. Un continent qui comptera bientôt la classe moyenne la plus jeune et en plus forte progression au monde.
La Commission réaffirmera la perspective européenne des Balkans occidentaux, avec lesquels l’Europe partage la même histoire, la même culture et les mêmes défis.
La présidente soutient la proposition de la Commission Juncker d’ouvrir des négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord et l’Albanie.
La nouvelle Commission est, en outre, prête à ouvrir la voie à un partenariat stratégique et ambitieux avec le Royaume-Uni.

Le caractère unique du système démocratique de l’Union est indéniable. Députés aux niveaux local, régional, national et européen, sont élus au suffrage direct. La prise de décisions est donc dans les mains des européens.
La présidente, souhaite que les citoyens aient leur mot à dire à l’occasion d’une conférence sur l’avenir de l’Europe, qui devrait s’ouvrir en 2020 et durer deux ans. Cette conférence devrait rassembler les citoyens – dont les jeunes qui y auraient un rôle important – la société civile et les institutions européennes.
La nouvelle Commission désire aussi renforcer le partenariat avec le Parlement européen, la voix des citoyens, qui devrait avoir le droit d’initiative en matière législative. Elle souhaiterait un plein pouvoir de codécision pour le Parlement européen et la suppression de l’unanimité pour les politiques en matière de climat et d’énergie, en matière sociale et de fiscalité.
La Commission soutiendra également la création d’un organe éthique commun à toutes les institutions de l’UE pour qu’elle puisse inspirer toujours plus de confiance aux européens.

Le site officiel de Commission européenne

Vers une nouvelle Commission (2019/2024)

Quelques actualités sur la nouvelle Commission:
Les Echos, les défis colossaux de la Commission européenne

Le dossier de Toute l’Europe : qui sont les futurs commissaires européens

 

 

Rédacteur : CRIJ/CIED - Angela L.
Date création : 31/10/2019

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